KOBENHAVN STUDENT CENTER / DENMARK

Finalist in Grand prix d'architecture de l'academie des Beaux Arts



Project : Student Housing

Type : competition Finalist

Site : Kobenhavn Amager

Size : 9000m2

Year : 2012

The project try to explore the impact of the development of a student housing outside a campus. This location in a suburb would allow a new dailylife with the recreation of small shops and a new public building that creates mixity between the generations.





















EARLY INTENTIONS :


Avec un nombre d'étudiant qui augmente exponentiellement dans le monde, la place accordée dans la ville à des logements spécifiquement pensés pour eux doit être de plus en plus importante. Considérant cette typologie d'utilisateurs entre 18 et 28 ans, c'est une période clé durant laquelle l'étudiant apprend le métier qu'il fera et se construit en tant que personne adulte.
Ainsi Il paraît important de concevoir pour eux des logements qui accompagnent ce développement.

J'aimerais explorer deux considérations par rapport à cela : Premièrement c'est le rôle que joue et que pourrai jouer le logement étudiant dans la ville, en terme d'apport social à la ville. Dans cette optique est privilégiée une intégration dans le tissu urbain et non pas une organisation en campus, qui selon les cas se révèle avoir un caractère autonome voire autarcique. L'intérêt est la confrontation des modes de vies entre les différents profils de personnes vivant dans une même ville. La seconde considération est celle architecturale, ou comment au 21è siècle nous architectes pouvons nous penser des logements adaptés aux nouveaux comportements de la jeunesse. Le rôle joué par les nouveaux moyens de communications (internet, portables…) me paraît central dans la redéfinition de ce type de logement, de par les nombreuses implications et bouleversements qu'ils induisent dans la façon d'utiliser l'espace, aussi bien dans la sphère privée que dans les rapports à l'espace semi-public et public.

J'ai choisi la ville de Copenhague, capitale du Danemark, pour sa qualité de vie reconnue et appréciée de ses habitants, pour leur mode de vie respectueux de la nature, bien en avance sur d'autres pays, et pour le dynamisme architectural et culturelle qu'elle propose depuis quelques années. C'est en effet depuis la création du pont de l'Øresund reliant Copenhague à Malmö en Suède que s'est opéré un partage des activités, le port danois se détourne de ses industries pour s'orienter vers la culture, l'éducation et l'innovation. La boucle ainsi crée avec Helsingor et Helsingborg est le support du développement campusMed, politique d'incitation pour attirer les étudiants, d'où la nécessité d'assurer une offre de logement et son association à la ville.

Je m'intéresse plus particulièrement à l'île d'Amager, au Sud de Copenhague, qui connaît un très fort développement depuis la création du quartier d'Orestad. Outre sa proximité de l'aéroport, de la boucle de train S-Tog reliant la Suède et la liaison au centre assurée 24h/24 par le métro aérien, ce sont les caractéristiques particulières qui ont attiré mon attention.

1/ Dans la ville

L'ile accueille la plus grande université de la région, le campus de Copenhague, sur plusieurs hectares, et propose notamment des logements étudiants reconnus pour leurs qualités architecturales, des équipements sportifs et culturels importants. Mais ce campus est renfermé sur lui-même, et crée une poche hermétique dans le paysage de l'ile, qui est caractérisée par ces entités très peu poreuses. Ainsi, le campus au Nord-Ouest, la ville au Nord, la banlieue pavillonnaire à l'Est, la « ligne » quartier nouveau et très dense d'Orestad ou encore la réserve naturelle au Sud ne communiquent pas du tout. Je pense que les qualités de chacune auraient avantages à se trouver confronter aux autres. Souvent face à son image de ville parfaite et un peu lisse, Copenhague pourrait profiter de cet afflux d'étudiants pour créer des interactions nouvelles entre les différentes catégories de personnes. Dans le cadre de l'exposition Too Perfect Seven Denmark, Bruce Mau illustre bien cette problématique, il est nécessaire de considérer la vie urbaine dans sa toute sa complexité. Le contraste est d'autant plus fort que les espaces intérieurs, chaleureux sont souvent eux très poussés dans les différents types de relations (visuelles, physiques, sonores, lumineuses, programmatiques, etc.) .
L'idée est de faire exploser la cellule du campus et de proposer une pollinisation des logements étudiants dans les différentes zones de l'île. Le concept est de diffuser le dynamisme des activités étudiantes dans les zones refermées sur elles-mêmes. Dans son livre L'abeille et l'économiste, l'économiste Yann Moulier Boutang montre que nous sommes en train de basculer d'une économie de l'échange et de la production à une économie de pollinisation et de contribution. Le premier niveau de diffusion est l'implantation de résidences étudiantes au cœur de zones comme la zone pavillonnaire ou la ville. Ces implantations sont définies par des règles du jeu, comme la proximité immédiate d'un arrêt de métro… Nous montrons ensuite que ces pôles ont des zones d'influences, variables, dans lesquelles des programmes nécessaires et d'autres viennent se brancher. Et graviter de manière beaucoup moins prévisible et anticipée. C'est le second niveau de pollinisation, un niveau qui s'adapte à moyen et long terme, qui n'est pas programmé de manière stricte, pour laisser une capacité d'adaptation et d'évolution au système. Ces programmes peuvent êtres au profit de la vie quotidienne comme une laverie, une boulangerie, de la restauration, une superette, des équipements culturels ou sportifs …ils participent en tous les cas à l'instauration d'une vie de quartier, profitant à la fois aux étudiants et aux habitants.

Ces résidences sont associées à un autre type de logements, plus anecdotique mais tout aussi important est celui de la possibilité offerte aux habitants du pavillonnaire de transformer leur garage en studio pour le louer à un étudiant. Cela est rendu possible par la ligne de métro très efficace, et la place accordée au vélo notamment chez les Danois. La voiture n'est plus aussi primordiale dans ces circonstances. Le but est de favoriser les échanges entre une famille et un étudiant. Ces habitations sont souvent habitées par des couples retraités, des familles dont les enfants sont partis, par conséquent ils ont généralement des espaces potentiels à disposition. C'est d'autant plus intéressant que le rapport étudiant/personne âgée peut résoudre certaines problématiques posées par le vieillissement de la population, l'isolement, la perte d'autonomie …

D'un point de vue architectural, les résidences peuvent avoir différentes typologies, selon leur taille et leur emplacement. De parasite contemporain venant s'accrocher au dessus d'un immeuble existant à la reprise du modèle de la maison traditionnelle, une grande liberté d'action est offerte par ce système. Au niveau programmatique, certaines grandes idées sont à privilégiées. Une organisation de quelques chambres autour d'un espace commun qui est la cuisine, seul espace commun traditionnel qui conserve sa légitimité aujourd'hui. En effet, le salon est remplacé par des espaces « connectés » offrant toutes les installations pour pouvoir aller sur internet, et utiliser différents équipements, complétées par des espaces pour pouvoir étudier de manière plus calme. Un emplacement intérieur pour pouvoir stocker confortablement les vélos, avec au moins un emplacement par chambre, et une organisation autour d'espaces extérieurs communes permettant d'organiser des évènements ponctuels. Aujourd'hui, les réseaux sociaux organisent et rythment la vie d'un étudiant, qui passe en moyenne plus de deux heures par jour à communiquer via ces systèmes. Au delà de l'enferment que cela peut produire (on parle a son voisin de chambre via son ordinateur et on ne va plus le voir physiquement), c'est un mode de pensée qui se trouve retranscris dans la réalité. Réalité augmentée,… le monde virtuel et ses comportements se retrouvent physiquement représentés. Ainsi les espaces communs doivent êtres visuellement connectés, qu'un échange soit possible d'un bout à l'autre du bâtiment, que les rencontres se fassent plus régulièrement que dans un couloir. Si les chambres ont besoin de grands espaces, on privilégiera plusieurs petits espaces aux qualités différentes et personnalisable plutôt qu'un grand espace commun. A moins de connaître une personne, on va s'asseoir à distance des gens qui sont dans une salle, limitant ainsi les contacts. Les petits espaces induisent une proximité qu'il est important de retrouver.

Ces quelques pistes permettent d'avoir une palette d'outils pour comprendre les mécanismes que l'on trouve dans le cycle de vie d'un étudiant et ainsi concevoir des programmes et des espaces qui ont une certaine légitimité et vont plus loin que le seul fait de recourir au besoin de loger, qui créent des relations fortes avec leur contexte, qu'elles soient directes ou indirectes.